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Données Scope 3 : faut-il attendre ses fournisseurs ?

Robin Lemaitre |

Quand une entreprise se lance dans la mesure de son Scope 3, notamment les émissions liées à ses achats, la première réaction est souvent la même : « Sans données de nos fournisseurs, on ne pourra pas avancer. »

Ce réflexe est naturel, mais c’est aussi une impasse.

Les fournisseurs, indispensables mais rarement prêts

Soyons clairs : à terme, intégrer les données réelles des fournisseurs sera essentiel. Le GHG Protocol insiste sur l'importance d'utiliser des données primaires (celles fournies directement par les fournisseurs) pour obtenir des résultats précis et fiables.

Pourtant, aujourd’hui, la majorité des fournisseurs, en particulier les PME, ne disposent tout simplement pas de ces données. Beaucoup ignorent encore tout du Scope 3 ou n’ont ni les outils ni les ressources pour calculer leur empreinte carbone. Même dans les grandes entreprises, recueillir ces données précises peut prendre des mois, voire des années.

Attendre les fournisseurs, c’est donc prendre le risque de rester bloqué, sans visibilité ni capacité d’action, pendant longtemps.

Que faire en attendant ?

Heureusement, il existe une voie médiane réaliste : utiliser les données déjà disponibles en interne, combinées à des facteurs d’émissions physiques reconnus (Base Carbone de l’ADEME, Ecoinvent, etc.).

Cette méthode permet, sans attendre, de créer une cartographie fiable et suffisamment précise des émissions de ses achats. On ne se contente plus d’approximations basées sur le montant dépensé, mais on raisonne avec des unités physiques : kilogrammes, mètres carrés, litres, etc.

Cette cartographie « physique » apporte immédiatement de la visibilité. Elle permet d’identifier concrètement les produits, les matières ou les fournisseurs les plus émetteurs. Ainsi, les entreprises peuvent cibler leurs efforts :

  • Substitution de matières premières par des alternatives moins carbonées

  • Changement de fournisseurs au profit de ceux ayant une empreinte carbone plus faible

  • Amélioration de la conception produit pour réduire la quantité de matériaux nécessaires

  • Optimisation des flux logistiques et réduction des distances d'approvisionnement

  • Sensibilisation et accompagnement des fournisseurs vers des pratiques plus vertueuses

Une démarche progressive plutôt que tout ou rien

Il faut comprendre que mesurer le Scope 3 n’est pas une démarche binaire (« on a les données primaires ou on ne fait rien »). C’est un processus graduel : commencer avec les meilleures données disponibles, puis progressivement affiner les calculs lorsque les fournisseurs sont prêts.

Cette approche permet d’initier rapidement des actions concrètes de réduction des émissions, de sensibiliser en interne, et surtout, de mieux préparer le dialogue futur avec ses fournisseurs.

En conclusion

À la question « faut-il attendre ses fournisseurs pour traiter le Scope 3 ? », la réponse est clairement non. Bien sûr, les données primaires sont idéales et doivent rester un objectif à moyen terme. Mais en attendant, les entreprises ont déjà toutes les cartes en main pour avancer significativement et concrètement.

Cependant, réaliser cette cartographie physique peut prendre beaucoup de temps, nécessiter des ressources importantes et représenter un véritable défi technique. C’est précisément pour cela qu’Ecopaths existe : nous avons développé un outil permettant de réaliser cette cartographie automatiquement et rapidement, en combinant vos données internes avec des facteurs d'émissions physiques fiables.

Parce que le plus important, finalement, ce n’est pas d’attendre le chiffre parfait, mais d’utiliser intelligemment les données disponibles dès aujourd’hui pour agir sur ce qui compte vraiment.

 

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